Tel est le sujet de réflexion qui m’a été soumis.
Tout d’abord, j’aurais présenté le sujet ainsi : respect de soi et respect des autres, mais bon …
Ma démarche n’est pas forcément philosophique, ni scolaire, je n’ai pas fait de philo durant mes études techniques. Cependant cette démarche m’a aidée à verbaliser mes réflexion sur ce que je suis, qui suis-je dans la société, quelle y est ma position, qu’est-ce que j’ai à transmettre à mon fils, etc.
Ma réflexion suit le mouvement d’un voyage, un voyage de SOI vers l’universalité, avec des étapes, des questions.
L’ignorance n’est point le manque de savoir, mais le manque de connaissance de soi;
sans connaissance, il n’est point d’intelligence.
Étape 1 : « Connais-toi toi même et tu connaitras les autres »
On prête cette phrase à Platon, mais elle est plus fort probablement de Socrate.
Il est à la mode d’aborder ce point de manière introspective. Mais cette manière était-elle d’époque ? ou est-ce une déformation contemporaine New-Age.
Si nous allons dans une démarche introspective, alors cherchons le système de valeurs qui nous construit : quelles sont sont les valeurs qui le constituent, comment sont-elles hiérarchisées.
On peut aussi aller vers une démarche consistant à apprendre à s’accepter soi-même, à s’aimer, à avoir sur soi un regard bienveillant.
Question 1 : qu’est-ce l’altérité ?
« Tu ne tueras point » lit-on dans les 10 paroles données à Moïse.
Quittons le SOI pour aller vers l’autre.
Dans l’autre, le JE plus le TU n’est pas égale au NOUS : pas d’altérité dans l’amour fusionnel par exemple
Aussi, dans l’indifférence, il n’y a pas de TU .
Il n’y a pas de JE tout seul. Il faut un TU ou un IL pour que le JE existe. Ils sont inséparables tout en demeurant séparés, car l’intervalle entre eux ne peut être supprimé.
Le monde transcendant est le monde d’en haut, le monde de Dieu, qui s’oppose au monde d’en bas, celui des hommes. Dans cet intervalle se joue la relation entre SOI et l’Autre, de l’Immanent et du Transcendant. Se maintenir dans l’entre-deux ouvre au questionnement, à l’infini de la présence d’autrui.
Quand je parle à l’autre, je créé une dynamique créatrice, la parole est créatrice, le « davar » en hébreux des premiers versets du Livre de la Genèse.
Parler c’est maintenir ouvert l’écart, la distance entre SOI et l’autre. Dans le trop grand éloignement, il n’y a plus de relation, plus de l’Autre.
Dans la trop grande proximité, la différence est alors supprimée, il y a tentation de mainmise, d’absorption. A l’extrême, c’est un meurtre en silence !
Deux personnes qui ne se connaissent pas et ne se parlent pas sont indifférentes l’un à l’autre.
Pour finir, Lévinas disait : « Autrui est avant tout celui qui fait naître en moi l’exigence de l’éthique. ».
Pour aller dans le sens retour de la parole, nous pouvons nous pencher sur un des aspects de la Maât : l’écoute.
La Maât est une idée de justice sociale qui a maintenue durant 35 siècles l’Égypte pharaonienne dans la cohésion et la solidité sociale. C’est ce qui a garanti sa si longue pérennité.
La Maât explique la naissance de la solidarité par l’écoute.
L’écoute donne l’existence de l’Autrui. C’est une dynamique de l’Autre vers SOI.
Écouter, dit Ptahhotep, c’est aimer.
Si l’écoute est bonne, la parole est bonne.
C’est par l’écoute que le sens entre dans l’homme, le forme et le transforme en un être sensible.
Etape 2 : La reconnaissance
La reconnaissance est d’abord un acte juridique de l’adulte vers l’enfant qu’il reconnaît pour tel. En France, dès la naissance du bébé, les parents vont à la marie reconnaître l’enfant.
Puis c’est un acte de construction. Les adultes en imprégnant leurs enfants de reconnaissance permettent à ceux-ci de se construire d’acquérir de la confiance en soit de s’éveiller et de s’épanouir. La reconnaissance est comme une nourriture, sous forme de stock à acquérir durant l’enfance pour vivre sa vie et notamment sa vie d’adulte. Rechercher de la reconnaissance alors qu’on est adulte est un acte d’infantilisation disent certains. On peut le voir sans le milieu du travail quand il y a aliénation.
La reconnaissance est aussi une action d’identification par la mémoire de quelque de déjà connue.
C’est une opération par laquelle on manifeste à autrui qu’on a conscience de l’autre de ses qualité et ses droits ( identification, altérité, reconnaissance d’un certains nombre de devoirs , réalité culturelle, le travail produit).
Question 2: qu’est-ce être raisonnable ?
Un individu, un choix, une action sont raisonnables lorsqu’ils paraissent censés. Est censé ce qui est conforme aux attentes du jugement de la plupart des individu.
On a alors une espèce d’ordre morale.
Est raisonnable, l’individu doué de raison , qui est prudent, sage, rationnel…
La raison est la faculté de connaître , de juger, de déterminer sa conduite. Les philosophes du XVII et XVIII ème siècle se sont demandés si la raison pouvait être universelle. La réponse était « oui » avant de connaître les primitifs. En fait, ce sont les manifestations de la raison qui ne sont pas universelles.
Etape 3 : le respect
Comme a dit Kant : sentiment morale dé-corrélé de tous les autres sentiments, qui ne vient pas de la sensibilité mais de l’obligation pratique engendrée par la loi morale qui élève la personne au dessus de ses propres intérêts pour se soumettre à une législation universelle.
Le respect est donc le seul mobile d’action qui soit morale c-à-d valable pour toute personne raisonnable, quelque soit sa nature.
Adolf Eichmann, haut-fonctionnaire de la SS durant la guerre 39/45 s’est employé avec zèle et méthode à exterminer une partie du peuple juif. Durant son procès en Israël, 20 ans plus tard, il a expliqué pour justifier les crimes contre l’humanité commis qu’il n’a fait que respecter les ordres reçus. Il disait : J’ai fait mon devoir, conformément aux ordres. Et on ne m’a jamais reproché d’avoir manqué à mon devoir. »
Alors se pose la question suivante :
Question 3 : la dignité
c’est la valeur absolue de l’homme en tant qu’il est libre et ne doit pas obéir à d’autres lois que celles qu’il se donne.
Chaque homme est unique, irremplaçable et se doit de chercher son autonomie.
L’autonomie est la volonté de se soumettre librement à la loi morale.
Etape 4 : la Tolérance
du latin tolerantia : constance à supporter
C’est la capacité à supporter, à accepter la douleur
Acceptation contrainte de quelque chose qu’on ne peut empêcher
Et c’est un principe fondé sur l’égale liberté et dignité des convictions qui exige de ne pas contraindre une opinion lorsqu’elle est contraire à la sienne.
Le concepte de tolérance est né en France lors des guerres de religions
la tolérance rejoint la libre expression de ses convictions politiques.
Comme disait Kofi Annan : « La tolérance est une vertu qui rend la Paix possible. ».
La tolérance s’applique en mécanique, en métrologie, dans la justice, en économie. C’est l’huile dans les rouages du système.
Mai quelles sont les limites de la tolérance, qu’est-ce qui est intolérable ?
Question 4 : le bouddhisme
La sagesse bouddhiste se développe par le jeu de la solidarité spirituelle au sein des communautés et d’un détachement acquis grâce à l’adoption de la voie moyenne entre un ascétisme stérile et une convoitise qui est aussi soufrance.
Etape 5 : le 8ème noble sentier du bouddhisme.
C’est la pensée orienté vers l’acceptation et l’accueil bienveillant de se qui est. On parle d’amour bienveillant sans condition ni attachement. C’est l’anti-dote de la colère et de la haine.
Fin du voyage : l’universalité
Chaque créature vivante a sa place et sa raison d’exister dans l’univers.
